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Ce fluide jaillissant à la surface se serait-il vaporisé
en épaisses nuées qui, par la suite, se seraient
condensées pour former l’océan ? Il faut
certainement renoncer à une vision aussi pittoresque
de déluge universel, car l’atmosphère
terrestre n’a jamais pu contenir à un moment
donné l’eau présente dans l’océan
actuel.
| Selon
une thèse développée en 1997 par
William Ryan et Walter Pitman, à la fin de la dernière
glaciation, la mer Noire était un lac séparé
de la Méditerranée. La fonte de la calotte
glaciaire éleva régulièrement le
niveau général des mers et le verrou du
Bosphore céda brusquement il y a de cela 7500 ans.
Et la mer Méditerranée envahit brutalement
la mer Noire détruisant toute vie sur ses rives. |
Il est plus probable que l’eau remontant petit à
petit à la surface du globe s’est vaporisée
dans un premier temps et qu’ensuite lorsqu’une
certaine pression atmosphérique (dont la valeur dépend
de la température régnante) a été
atteinte, l’eau s’est mise à sourdre sous
forme liquide.
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Le diagramme ci-dessus montre les variations de la
pression de vapeur de l’eau entre 100° et
220°. On peut voir, par exemple, que l’eau
à 180°C a une pression de vapeur de 10 atm.
Autrement dit si l’atmosphère planétaire
avait eu une température de 180°C, elle se
serait chargée en vapeur d’eau jusqu’à
ce que la pression au niveau du sol atteigne 10 atm.
Ensuite, l’eau aurait jailli sous forme liquide.
Si la vapeur d’eau contenue dans une telle atmosphère
s’était condensée, elle aurait recouvert
la terre d’une couche d’eau de 100 m d’épaisseur.
On est bien loin des 2700 m qu’occuperait l’océan
actuel s’il s’étendait sur toute
la surface du globe terrestre. |
Ce scénario s’est déroulé sur
une période s’étendant probablement sur
quelques centaines de millions d’années et devait
être achevé au début de la période
archéenne, il y a 4,016 milliard d’années.
Il contredit l’idée commune selon laquelle l’océan
primordial aurait été constitué d'eau
douce et que le lessivage progressif des continents par les
fleuves et les eaux de ruissellement lui aurait conféré
au fil des temps sa salinité actuelle. En effet les
eaux remontant de l’intérieur du globe devaient
être chargées en espèces dissoutes comme
le sont encore de nos jours les fluides géothermaux
qui jaillissent dans le fond des océans. Ces eaux,
une fois en place, ont pu secondairement dissoudre des éléments
solubles tels que sodium, potassium, calcium et magnésium,
présents dans la lithosphère primitive et piéger
les espèces volatiles dégazant de l’intérieur
du globe, notamment le soufre et le chlore. En revanche cette
chimie ne devrait rien ou presque rien à la présence
des continents, car les premiers noyaux continentaux ont été
formés postérieurement à l’hydrosphère,
sur une période s’étendant entre - 4,016
et -2,5 milliard d’années.
Il paraît donc certain que l'océan a constitué
dès l'aube des temps géologiques un milieu de
composition saline originale. Il se peut que la salinité
de cet océan ait évolué ensuite très
lentement sous l'effet d'apports et de retraits réguliers
de matière ou ait connu des variations brusques liées
à des vicissitudes tectoniques entraînant l’isolement
et l’assèchement de bassins océaniques.
Mais il convient de noter que les apports actuels des fleuves
correspondraient en grande partie à un recyclage permanent
d'embruns transportés par les vents et saupoudrés
sur toute la surface des continents et à un lessivage
d'anciens dépôts marins qui retournent à
leur milieu d'origine.
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