|
Aristote, voici plus de deux mille ans, fut le premier à
décrire un tunicier. Animaux entourés d'une
tunique les tuniciers comprennent les ascidies,
les appendiculaires et les thaliacés.
Mais il faudra attendre le début du XIXe siècle, avec
les descriptions de G. Cuvier et de J.C.
Savigny, pour que les tuniciers commencent
à capter l'attention des savants. En 1816, Lamarck
créa la classe des Tunicata dans un système
de classification aujourd'hui abandonné. Les premiers travaux
marquants sur les tuniciers pélagiques furent publiés vers
1850 par T. H. Huxley. Ces animaux
caractérisés par leur capacité à filtrer l'eau de mer,
retinrent également l'attention de. C.
Vogt qui fit plusieurs séjours dans la région niçoise,
mais également de H. Müller, de F.S. Leuckar
et de Kowalevsky. Ce dernier publia
en 1866 de remarquables travaux dans lesquels il montrait
l'étroite similitude entre le développement de la
larve d'un tunicier et celui de l'embryon des vertébrés.
Il insistait en particulier sur la position dorsale du système
nerveux, par rapport à la chorde dorsale et au tube digestif
ventral. Il notait également que la larve de tunicier, dotée
d'une queue qui disparaît au moment du passage à l'adulte,
représente une forme ancestrale qui a évolué par dégénérescence
chez les tuniciers adultes (excepté chez les appendiculaires).
Récemment un regain d'intérêt s'est manifesté
pour les ascidies en tant que modèles
de vertébrés simplifiés dont
le génome séquencé en 2001 chez
l'ascidie Ciona contient 15 000
gènes. De ces études il résulte
que les ascidies possèdent les mêmes gènes
que les vertébrés mais en simple copie.
Ces organismes apparaissent donc plus proches des
vertébrés que des autres invertébrés. C'est pourquoi on les
qualifie parfois de prochordés (un terme
ancien) ou urochordés.
Les urochordés se subdivisent en trois
classes, les ascidiacés, exclusivement
benthiques (sauf la larve dont la vie libre est extrêmement
courte), les appendiculaires et les thaliacés.
Les ascidies sont devenues très tôt
un modèle d'étude pour les biologistes dont
Chabry qui en 1887 réalise les premières
manipulations d'embryons. En 1905,
Conklin établi les bases de la différenciation
embryonnaire à partir de ses observations du développement
de l'ascidie Styela depuis l'oeuf
jusqu'au têtard.
Les appendiculaires ou larvacés
sont de petits organismes planctoniques, solitaires, mesurant
0,5-5 mm de long auxquels Haeckel donna le
nom de Copelata. Ils furent ensuite nommés Larvacea
par Herdmann, nom encore utilisé par les
auteurs anglo-saxons en référence au fait qu'ils conservent
à l'état adulte un aspect larvaire. A partir de1872, Fol
fondateur du premier laboratoire à Villefranche,
élargit considérablement le champ des connaissances sur ce
groupe de tuniciers planctoniques primitifs.
Les thaliacés comprennent trois ordres,
les pyrosomes, les salpes et
les dolioles. Les pyrosomes forment des colonies
flottantes pouvant atteindre jusqu'à 20 cm de haut.
La paroi de cette colonie est formée par la juxtaposition
d'individus tous identiques, reliés entre eux par des ponts.
Ils ont donné lieu à d'importants travaux parmi lesquels il
faut citer ceux de Korotneff et de
Barrois qui, à la fin du XIXe et au début du XXe
siècles, étudièrent à Villefranche le mode de développement
chez les salpes et les dolioles. |