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LE Plancton / organismes / unicellulaires / Radiolaires



Squelettes de radiolaires
Photo J. Cachon
Les radiolaires sont parmi les plus grands protozoaires pélagiques. Ils sont caractérisés par leur squelette siliceux, d’une géométrie remarquablement complexe et variable en fonction des genres. Les autres caractères distinctifs sont la capsule centrale et les axopodes. La capsule centrale consiste en un cytoplasme interne limité par une couche organique plus ou moins épaisse, la paroi capsulaire, percée de fins canalicules nommés fusules. Les axopodes sont de longues extensions raides, non ramifiées et animées de courants cytoplasmiques rapides. Ils sont émis au niveau des fusules et contribuent à former à la surface de la cellule d'un fin chevelu cytoplasmique. Les axopodes ont pour fonction d’augmenter la surface portante de la cellule dans la colonne d’eau et de permettre l’alimentation. La prise de nourriture peut consister soit dans l’absorption de matières nutritives dissoutes directement au travers de la membrane cellulaire, soit dans le collage de petites proies qui sont enrobées dans un repli de la membrane cellulaire. Cette vacuole alimentaire se ferme, se détache de la membrane cellulaire, puis migre le long de l’axopode jusque dans le cytoplasme où elle est dégradée par des enzymes digestifs.

Eucecryphalus schultzei
Photo J. Febvre


L'un des aspects les plus intéressants de ces organismes microscopiques est leur adaptation à la flottaison. On pourrait penser que leur squelette siliceux alourdit l'organisme et entraîne sa chute verticale. Or, ce n'est pas complètement vrai. Tout d'abord, plus une particule est petite, moins vite elle tombe dans l'eau. Par ailleurs, de nombreux facteurs contre-balancent l'effet de la pesanteur. Ici, dans l'espèce Eucecryphalus schultzei, la forme en parachute du squelette et sa structure grillagée augmentent les forces de frottement. De plus, les longs axopodes et les nombreuses gouttelettes de graisse incluses dans le corps cellulaire allègent la cellule et contribuent efficacement à réduire la chute verticale du protozoaire dans la colonne d'eau.

   

Holosphaera sp
Photo J. Febvre

L'un des plus grands radiolaires est Holosphaera qui peut atteindre 3 à 5 mm de diamètre. Le délicat squelette est formé d'éléments creux, assemblés entre eux selon une géométrie spécifique de l'espèce. L'ensemble a la forme d'une capsule grillagée, remarquable par sa géométrie hexagonale très régulière. Le corps cellulaire, ici en jaune clair, est accroché à l'intérieur de cette coque grillagée par un fin réseau cytoplasmique et de nombreux axopodes.

Les épines réparties à la surface de la coque jouent un rôle important dans la nutrition. Elles sont finement barbelées et le moindre protozoaire ou invertébré effleurant sa surface y reste accroché. En déposant sur la coque un fragment de chair, on peut presque immédiatement observer, sous le microscope, la formation de travées cytoplasmiques et d'axopodes dirigés vers cette nourriture. A l'intérieur de ce réseau qui se forme et se déforme rapidement, s'observe un transfert très intense de grains probablement riches en enzymes digestifs.

   

Photo J. Febvre

Dans cette espèce, le squelette n'est pas visible extérieurement. Il est intimement inclus dans le cytoplasme. Seuls dépassent en surface des épines superficielles et les nombreux axopodes qui servent à la fois à la collecte de minuscules proies et à augmenter la flottaison. Ici encore, le cytoplasme est riche en gouttelettes de graisse qui allègent la cellule.

Pour avoir une idée de la complexité de l'architecture du squelette minéral des radiolaires, il suffit de détruire le corps mou. Alors se révèlent des formes complexes et esthétiques, véritables bijoux de verre en miniature.

Les ancêtres des radiolaires ont peuplé les océans dès l’ère primaire et le nombre des espèces s’est considérablement accru au cours de l’ère secondaire. Aujourd’hui, les radiolaires peuplent les mers chaudes et tempérées jusqu’à 300 m de profondeur. Parmi les facteurs qui contrôlent leur répartition géographique, citons la salinité et la température de l'eau. Ces organismes abondent dans les eaux des régions équatoriales et leur diversité diminue vers les hautes latitudes. Leur abondance est également fonction de la richesse des eaux en phytoplancton.
 

Haeckel, E. 1862. Die Radiolarien (Rhizopoda, Radiaria). Eine Monographie.G. Reimer, Berlin

Haeckel, E., 1887. Report on the Radiolaria collected by the H.M.S. Challenger during the Years 1873-1876. Report on the Scientific Results of the Voyage of the H.M.S. Challenger, Zoology, vol. 18, 1803 pp.

Cachon, J. and Cachon, M., 1982. Actinopods. In: Parker S. (editor), Synopsis and Classification of Living Organisms. MacGraw Hill, Book Compagny, 1166p: 553-568, pl. 54-59.

Cachon, J. and Cachon, M., 1985b. Polycystine and Phaeodaria. In: J.J. Lee, S.H. Hunter and E.C. Bovee (editors), Illustrated Guide to the Protozoa. Allen Press, 274-302.

Cachon, J et Cachon M. 1990.
Anderson, Roger O. 1983. Radiolaria. New York: Springer-Verlag

 

Site de radiolaria.org :
www.radiolaria.org
Site des litographies d'Haeckeel :
www.biologie.uni-hamburg.de/b-online/radio/
Site de l'University of Californie, Berkeley :
www.ucmp.berkeley.edu/protista/radiolaria/radlh.htm

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