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Plancton / organismes /
unicellulaires / Radiolaires |
| Découvertes |
| Les
radiolaires ont été découverts
dans des prélèvements de plancton au XIXe siècle. Ils
firent l'objet d'études descriptives remarquables par le grand
zoologiste allemand Ernst Haeckel, dès 1862,
puis à partir des prélèvements effectués au cours de la campagne
océanographique du H.M.S. Challenger, de 1873 à 1876.
Aujourd'hui encore, les remarquables planches lithographiées
de Haeckel restent une référence incontournable.
De nombreux auteurs se sont intéressés dans la seconde partie
du XXe siècle aux radiolaires, tant en ce qui concerne leur
cytologie que leur répartition géographique. Citons, pour
la cytologie et la systématique des radiolaires de Méditerranée
M. Cachon-Enjumet et J. Cachon qui
menèrent leurs recherches à la Station Marine de Villefranche
entre 1960 et 1990 et R. Anderson aux Etats-Unis.
En raison de la présence de squelettes siliceux,
les radiolaires ont également fait l'objet de très importantes
et nombreuses recherches paléontologiques.
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| Biologie |
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Squelettes de radiolaires
Photo J. Cachon |
Les radiolaires
sont parmi les plus grands protozoaires pélagiques.
Ils sont caractérisés par leur squelette siliceux,
d’une géométrie remarquablement complexe et variable
en fonction des genres. Les autres caractères distinctifs
sont la capsule centrale et les axopodes.
La capsule centrale consiste en un cytoplasme
interne limité par une couche organique plus ou moins
épaisse, la paroi capsulaire, percée de fins canalicules
nommés fusules. Les axopodes
sont de longues extensions raides, non ramifiées et animées
de courants cytoplasmiques rapides. Ils sont émis au niveau
des fusules et contribuent à former à la surface de la
cellule d'un fin chevelu cytoplasmique. Les axopodes
ont pour fonction d’augmenter la surface portante
de la cellule dans la colonne d’eau et de permettre l’alimentation.
La prise de nourriture peut consister soit dans l’absorption
de matières nutritives dissoutes directement au travers
de la membrane cellulaire, soit dans le collage de petites
proies qui sont enrobées dans un repli de la membrane
cellulaire. Cette vacuole alimentaire se
ferme, se détache de la membrane cellulaire, puis migre
le long de l’axopode jusque dans le cytoplasme
où elle est dégradée par des enzymes digestifs. |

Eucecryphalus schultzei
Photo J. Febvre |
L'un des aspects les plus intéressants de ces organismes
microscopiques est leur adaptation à la flottaison.
On pourrait penser que leur squelette siliceux alourdit
l'organisme et entraîne sa chute verticale. Or, ce n'est
pas complètement vrai. Tout d'abord, plus une particule
est petite, moins vite elle tombe dans l'eau. Par ailleurs,
de nombreux facteurs contre-balancent l'effet de la
pesanteur. Ici, dans l'espèce Eucecryphalus
schultzei, la forme en parachute du squelette
et sa structure grillagée augmentent les forces de frottement.
De plus, les longs axopodes et les nombreuses gouttelettes
de graisse incluses dans le corps cellulaire allègent
la cellule et contribuent efficacement à réduire la
chute verticale du protozoaire dans la colonne d'eau.
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Holosphaera sp
Photo J. Febvre |
L'un des plus grands radiolaires
est Holosphaera qui peut atteindre
3 à 5 mm de diamètre. Le délicat
squelette est formé d'éléments creux, assemblés entre
eux selon une géométrie spécifique de l'espèce. L'ensemble
a la forme d'une capsule grillagée, remarquable par
sa géométrie hexagonale très régulière. Le corps cellulaire,
ici en jaune clair, est accroché à l'intérieur de cette
coque grillagée par un fin réseau cytoplasmique et de
nombreux axopodes.
Les épines réparties à la surface de
la coque jouent un rôle important dans la nutrition.
Elles sont finement barbelées et le moindre protozoaire
ou invertébré effleurant sa surface y reste accroché.
En déposant sur la coque un fragment de chair, on peut
presque immédiatement observer, sous le microscope,
la formation de travées cytoplasmiques et d'axopodes
dirigés vers cette nourriture. A l'intérieur de ce réseau
qui se forme et se déforme rapidement, s'observe un
transfert très intense de grains probablement riches
en enzymes digestifs. |
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Photo J. Febvre |
Dans cette espèce, le squelette
n'est pas visible extérieurement. Il est intimement
inclus dans le cytoplasme. Seuls dépassent en surface
des épines superficielles et les nombreux axopodes qui
servent à la fois à la collecte de minuscules proies
et à augmenter la flottaison. Ici encore, le cytoplasme
est riche en gouttelettes de graisse qui allègent la
cellule.
Pour avoir une idée de la complexité de l'architecture
du squelette minéral des radiolaires, il suffit de détruire
le corps mou. Alors se révèlent des formes complexes
et esthétiques, véritables bijoux de verre en miniature. |
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| Ecologie |
| Les ancêtres
des radiolaires ont peuplé les océans dès l’ère primaire
et le nombre des espèces s’est considérablement accru au cours
de l’ère secondaire. Aujourd’hui, les radiolaires peuplent les
mers chaudes et tempérées jusqu’à 300 m de profondeur. Parmi
les facteurs qui contrôlent leur répartition géographique,
citons la salinité et la température de l'eau. Ces organismes
abondent dans les eaux des régions équatoriales et leur diversité
diminue vers les hautes latitudes. Leur abondance
est également fonction de la richesse des eaux en phytoplancton. |
| Références bibliographiques
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Haeckel, E. 1862. Die Radiolarien
(Rhizopoda, Radiaria). Eine Monographie.G. Reimer, Berlin
Haeckel, E., 1887. Report on the Radiolaria collected
by the H.M.S. Challenger during the Years 1873-1876.
Report on the Scientific Results of the Voyage of the
H.M.S. Challenger, Zoology, vol. 18, 1803 pp.
Cachon, J. and Cachon, M., 1982. Actinopods. In: Parker
S. (editor), Synopsis and Classification of Living Organisms.
MacGraw Hill, Book Compagny, 1166p: 553-568, pl. 54-59.
Cachon, J. and Cachon, M., 1985b. Polycystine and Phaeodaria.
In: J.J. Lee, S.H. Hunter and E.C. Bovee (editors),
Illustrated Guide to the Protozoa. Allen Press, 274-302.
Cachon, J et Cachon M. 1990.
Anderson, Roger O. 1983. Radiolaria. New York: Springer-Verlag
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| Liens : |
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