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LE Plancton / organismes / unicellulaires / Dinoflagellés


En 1753, H. Baker décrit un dinoflagellé observable à l’œil nu (probablement Noctiluca) qui émet de la lumière visible la nuit quand la mer est agitée. A partir de cette époque et jusqu’aux années 1950, la plupart des espèces de dinoflagellés microscopiques sont décrites dans des revues scientifiques et des traités (voir bibliographie ci-dessous).

A partir de 1960 à Villefranche, des observations ultrastructurales et cinématographiques, ont largement contribué à la connaissance des systèmes de reproduction, de perception et de locomotion de ces organismes, grâce aux travaux de J. Cachon et M. Cachon et à ceux de J. Cosson et P. Huitorel. Les dinoflagellés planctoniques constituent une part importante du microplancton de Méditerranée. Ils entrent donc dans les données écologiques enregistrées depuis plus de quarante ans à l'Observatoire Océanologique de Villefranche.

Les dinoflagellés sont des micro-organismes constitués d'une seule cellule, dotée de deux flagelles l’un longitudinal, l’autre transversal. Leur corps est généralement recouvert de plaques protectrices constituant la thèque. Les dinoflagellés portent un sillon médian, dans lequel bat le flagelle transversal. Ce flagelle, beaucoup plus long que le diamètre du corps, a la forme d’un ruban fixé par points au fond du sillon. Son battement force la cellule à tourner sur elle-même. Le flagelle longitudinal émerge librement vers l’arrière et effectue des mouvements d’ondulation qui poussent la cellule vers l’avant. Il résulte de cette double action des flagelles un déplacement de la cellule selon une ligne hélicoïde.


Ceratium sp.
Photo J. Febvre


Erythropsis sp.
Photo J. Febvre


Warnowia sp.
Photo J. Febvre


Xanthelle péridinienne
symbiose avec un foraminifère ()
Photo J. Febvre

 


Chez certains dinoflagellés comme Ceratium, le flagelle longitudinal peut se replier très rapidement dans une poche flagellaire, sorte d'encoche dans le corps cellulaire, puis ressortir lentement. Ces mouvements, trop rapides pour être visualisés directement, peuvent être filmés et analysés en microscopie optique par la technique stroboscopique ou grâce à l'enregistrement vidéo à grande vitesse.


Par ailleurs, chez Erythropsis, un membre de la famille des Warnowiidae, existe un piston capable de se contracter et de se détendre très rapidement, propulsant la cellule à très grande vitesse et sur des distances pouvant dépasser plusieurs millimètres.

Les dinoflagellés comptent environ 50% de formes planctoniques, colorées par des pigments verts et bruns et sont capables de produire leurs propres réserves par photosynthèse. Plusieurs espèces dont quelques unes méditerranéennes, secrètent des toxines.

Toutefois, certaines espèces libres sont dépourvues de pigments et doivent se nourrir en capturant de minuscules proies. Tel est le cas de Noctiluca miliaris qui utilise un tentacule, sorte de long doigt mobile pour diriger des proies microscopiques vers une zone buccale.

Les dinoflagellés possèdent au voisinage de leurs flagelles un organite sensible à la lumière, le stigma. Chez certaines espèces de la familles des Warnowiidae, ce photorécepteur est remarquablement différenciée en un ocelloïde, sorte d'oeil primitif ressemblant « l'oeil chambre  » de certains invertébrés.

Par ailleurs, de nombreux dinoflagellés vivent en associations bénéfiques (symbiose) avec d’autres protozoaires et des invertébrés comme les cnidaires et certains mollusques ou sont parasites d’autres organismes (protozoaires, invertébrés, oeufs).

VIDéO - 1,56 mo
VIDéO - 751 Ko
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Dinoflagellés nageant
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Au printemps et en automne, quand les conditions d’ensoleillement et de température deviennent favorables et les sels minéraux suffisamment abondants, les dinoflagellés se multiplient et sont une source importante de nourriture pour les autres organismes du plancton. Occasionnellement, des espèces toxiques peuvent proliférer, donnant à l’eau une couleur brunâtre et produisant sur les baigneurs des irritations cutanées. Ces manifestations sont sans commune mesure avec les intoxications provoquées dans les régions tropicales par certaines espèces responsables des phénomènes d’« eaux rouges ».

 

Taylor, F.J.R. (ed.), 1987. The Biology of Dinoflagellates. Botanical Monographs, Vol. 21. Blackwell Scientific Publications:Oxford. pp.1-785.

Taylor, F.J.R. 1989. Phylum Dinoflagellata In Handbook of Protoctista DL. Margulis, J. Corliss, M. Melkonian &.E. Chapman (Eds). Science Book International. Jones and Bartlett, Boston. pp 419-437

J. Dodge and J.J. Lee, 2000. Phylum Dinoflagellata. In Illustrated guide to the Protozoa. J.J. Lee & G. Leedale (Eds), Society of. Protozoologists, Lawrence Kansas. pp.656-689

L. Margulis et al., 1990, Handbook of Protoctista by Jones and Bartlett, chapter on Dinoflagellata by F. J. R. Taylor

Pêche et océans Canada : Évolution des dinoflagellés et variation de leur diversité dans le temps
www.mar.dfo-mpo.gc.ca/science/review/f/pdf/dinoflagellate-f.pdf

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