Dès la préhistoire, les mollusques
ont été appréciés pour leur chair délicate et leur coquille
utilisée pour la confection de parures, d’instruments de musique,
d’ustensiles domestiques et comme monnaie d’échange. Aristote,
grand collectionneur de coquillages, les définissait déjà comme
des animaux à corps mou, capables d’édifier
une enveloppe dure, la coquille. Mais ce n’est
qu’en 1798, que le grand zoologiste Cuvier
(1769-1832), fondateur de la paléontologie les nomma (Latin mollus : mou).
A la même époque, Lamarck qui fut le premier
à proposer une classification raisonnée du Règne animal basée
sur le plan d’organisation corporel, s'intéressa d'abord aux
mollusques.
Aujourd’hui encore, les mollusques sont classés
parmi les protostomiens lophotrochozoaires.
Les mollusques sont apparus au cambrien, époque si prolifique en organismes
nouveaux qu'on parle d"explosion cambrienne".
Les coquilles sont d'abord droites, puis se courbent et sont
finalement enroulées. Abondants et diversifiés au cours du l'ère
primaire, le groupe régresse ensuite et seules subsistent
des formes enroulées et relativement petites dont l'actuel nautile
est le dernier descendant. Lesmollusquescomptent environ 100 000 espèces, réparties en 7 classes,
la plupart marines. Les bivalves (moule, huître...),
les gastéropodes (buccin, bigorneau...) et
les céphalopodes (calmar, poulpe...) sont les
classes où figurent le plus grand nombre d’espèces.
Description et biologie
Les mollusques possèdent un corps mou non segmenté
dont la forme varie beaucoup selon les classes. La tête est
dotée d'une paire d'yeux, de tentacules
sensoriels et d'une bouche ventrale portant
une râpe ou radula. Le corps est recouvert d'une
coquille organique dorsale, plus ou moins
fortement calcifiée, parfois secondairement réduite. La face
ventrale forme un pied utilisé pour la locomotion.
Une cavité délimitée par une enveloppe riche en vaisseaux
sanguins, le manteau, permet la respiration chez
les formes terrestres. Chez les mollusques aquatiques,
l'échange des gaz de la respiration a lieu au niveau de branchies
insérées dans cette cavité respiratoire. Le plus souvent,
les sexes sont séparés, mais certains mollusques
sont hermaphrodites. Quelques traités de
zoologie des mollusques sont indiqués en références.
Ecologie
Firole coronata
Photo F. Lombard
La plupart des mollusques sont benthiques
à l’état adulte mais le développement comprend
généralement une larveplanctonique. Toutefois, deux
petits groupes de gastéropodes, les ptéropodes
et les hétéropodes, sont exclusivement planctoniques.
Quelques uns d'entre eux sont bioluminescents. A Villefranche,
les conditions écologiques locales sont particulièrement
favorables à leur observation.
Chez les ptéropodes, le pied s’est transformé
en deux lames musclées, les parapodies, dirigées
vers l’avant du corps. En battant comme des
ailes, ces extensions propulsent l’animal dans l’eau,
sans toutefois lui permettre de lutter contre
un courant. La plupart des ptéropodes n’excèdent pas
deux centimètres. Certains, tels Creseiset Cavolinia, portent
une coquille calcaire bien développée,
tandis que d'autres, comme Clione
en sont dépourvus.
Chez les hétéropodes, le pied est très
grand, comprimé latéralement en une puissante
nageoire ventrale impaire. La tête, de grande
taille, porte un mufle cylindrique et les yeux,
quand ils existent, sont très volumineux et de
structure complexe. Chez Atlanta,
la coquille calcaire est transparente, spiralée
et aplatie dans un plan, tandis que chez Firola,
il n'y a pas de coquille et le pied, allongé en
forme de nageoire, porte une ventouse chez le
mâle.
Parmi les mollusques parfaitement adaptés
à la vie pélagique, citons aussi la classe
des céphalopodes. Peu diversifiés,
ils sont généralement de grande ou très
grande taille. Nageurs rapides et efficaces
ils sont considérés comme faisant partie du necton. Quelques uns de
leurs représentants, comme le calmar, la
seiche ou la sépiole, grands carnassiers,
sont aussi la proie des poissons
et jouent de ce fait un rôle important dans l'écosystème pélagique
marin.
Références
bibliographiques :
Cuvier, G. 1798. Tableau élémentaire
de l'Histoire naturelle des animaux lecture à l’École
du Panthéon. Cuvier, G. 1817. Le Règne Animal.
A. Belin, Paris.
Tregouboff, G. et Rose, M. 1957. Manuel de planctonologie
méditerranéenne. T. I et II. 207 planches, 7-582.CNRS
(Ed.), Paris.
Franc. A. 1960. Mollusques. Sous-Classe des Opisthobranches
(Ptéropodes). 608-893. vol. V. (fasc. 3). Sous Classe
des Prosobranches. 40-324. vol. V. (fasc 3).
Barnes, R.S.K., Calow, P et Olive, P.J.W. 1993. The Invertebrates.
A new synthesis. 1-488. Blackwell Scientific Publication.