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Plancton / organismes / crustacés |
| Découvertes |
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Les crustacés (du latin : crusta
= croûte), comme la langouste, le crabe
et autres décapodes attirèrent dès l'Antiquité
l'attention d'Aristote (384 - 322 av. J.
C). Mais il faut attendre le XVIII e siècle pour que des savants
comme A. Van Leeuwenhoek (1632-1723), K.
Linné (1707-1778), O. F.
Müller (1730-1784), J-B. Lamarck
(1744-1829), G. Cuvier (1769-1832) et quelques
autres, s'intéressent aux crustacés. Parmi les classes de
crustacés, citons les plus abondants et diversifiés d'entre
eux, les copépodes (du grec : kôpé
= rame et du latin : pes = pied), nom qui leur fut
donné en 1829 by H. Milne Edwards (1800-1885)
lors d'une communication à l'Académie des Sciences de Paris,
et les euphausiacés qui constituent le krill
consommé par les cétacés. Tout au
long du XIXe siècle, la diversité
des espèces, des habitats, des modes de vie et des développements
larvaires de ces crustacés planctoniques firent l'objet de
remarquables travaux tels ceux de V. Giesbrecht
(1854-1913) et de G.O. Sars (1837-1927).
Les expéditions océanographiques de
la fin du XIXe siècle apportèrent également une masse considérable
d'informations consignées dans plusieurs monographies.
Les recherches sur l'écologie des copépodes et leur impact sur
l'environnement ont fait l'objet d'innombrables études au cours
du XXe siècle. Les paramètres physiologiques
(tels que nutrition, respiration, production des oeufs), impliqués
dans la dynamique des populations de copépodes
et d'euphausiacés font, depuis plusieurs années,
l'objet de recherches dans divers océans du globe par l'équipe
de P. Mayzaud à l'Observatoire Océanologique
de Villefranche. |
Définition et biologie |
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Les crustacés
sont l'un des groupes d'invertébrés les plus
nombreux et diversifiés. Ils sont généralement
aquatiques et participent largement aux écosystèmes planctoniques, tant par
les adultes de certains groupes, que par leurs larves.
Ils sont composés de segments recouverts
d'une carapace dure plus ou moins calcifiée
qui constitue un squelette externe.
La classification est basée
sur les subdivisions du corps
et le nombre d'appendices portés par chaque
segment. Fondamentalement, le corps est subdivisé
en trois parties, la tête, le thorax et l'abdomen.
Chez les crustacés primitifs, le nombre
de segments thoraciques et abdominaux
varie d'un groupe à l'autre, tandis que chez les crustacés
plus évolués, leur nombre est fixe. La tête
porte deux paires d'antennes, une paire d'yeux, une
bouche ventrale et des paires d'appendices servant au
triturage des aliments. Le thorax porte,
en position latéro-ventrale, des pattes masticatrices
et locomotrices. L'abdomen est dépourvu
d'appendices chez les plus primitifs et doté de pattes
nageuses chez les plus évolués. L'anus s'ouvre sur la
face ventrale d'un segment terminal.
Nous ne traitons ici q'un groupe primitif, les
copépodes, et un groupe évolué, les
euphausiacés.
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| Les copépodes |
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Les copépodes sont
de petits crustacés primitifs dont
les adultes mesurent généralement 0,2 à 10 mm de long.
Ils se développent dans tous les milieux aquatiques,
du plus grand des océans au plus petit des étangs. On
peut même en trouver dans les flaques formées après
de fortes pluies, les mousses ou les détritus végétaux
humides. A raison de plusieurs individus par litre d'eau,
et compte tenu des énormes volumes mis en jeux, ils
sont parmi les organismes pluricellulaires les
plus abondants de la planète. Ils sont l'une
des principales composantes du zooplancton
et représentent rarement moins de 60%, parfois plus
de 80 % de la biomasse zooplanctonique.
Ils jouent donc un rôle très important dans
l'équilibre écologique des écosystèmes marins.

En effet, les copépodes constituent
un lien entre le monde microbien au
sein duquel ils puisent leur nourriture et les
nombreuses espèces de poissons, crevettes ou méduses
qui s'en nourrissent. Sans ce lien, une grande partie
de la production primaire ne parviendrait pas jusqu'aux
échelons trophiques supérieurs et de nombreuses
espèces aquatiques ne pourraient donc pas se développer.
De plus, par la prédation qu'ils exercent sur les
populations algales et microbiennes, les copépodes évitent
parfois le développement excessif de ces populations
qui pourraient conduire à l'asphyxie du milieu. En outre,
les copépodes participent par divers mécanismes
au recyclage de la matière organique, permettant
ainsi le transport ou la rétention
d'éléments fondamentaux comme le carbone ou
l'azote.
Deux variables contrôlent une grande partie
de l'activité et de la dynamique des
copépodes. Il s'agit de la température
et de la quantité de nourriture. D'autres variables
telles que la lumière, la turbulence ou la qualité
de la nourriture interviennent également à des
degrés divers mais généralement dans une moindre
mesure. Il en résulte que sous un climat tempéré,
les copépodes planctoniques présentent généralement
un pic d'abondance au printemps
en relation avec l'élévation des températures
et le développement du phytoplancton. Pendant
l'été, les ressources phytoplanctoniques s'épuisant
et les prédateurs se développant à leur tour,
les copépodes connaissent généralement un déclin.
Ils se développent à nouveau en automne
lorsque le stock de nourriture se reconstitue
et que les prédateurs deviennent plus rares
mais ce pic secondaire est généralement plus
modeste que celui du printemps.
D'un point de vue géographique on retrouve
surtout l'influence de la quantité de nourriture, les
copépodes étant souvent plus abondants là où la production
végétale est élevée, c'est à dire près des
côtes, près de la surface ou dans les zones de remontée
d'eau profonde.
Derrière ces grandes lignes se cachent
en fait une multitude de niches écologiques
occupées par les différentes
espèces de copépodes. Certaines sont
très abondantes, très largement réparties à
l'échelle du globe (on parle alors d'espèces
ubiquistes) et utilisent une grande variété
de ressources. D'autres au contraire sont très
spécifiques de milieux particuliers (on parle
alors d'espèces endémiques) et n'exploitent
que des ressources très précises. Les premières
sont généralement plus tolérantes aux variations
des facteurs environnementaux que les secondes
mais toutes jouent un rôle dans l'équilibre
de la biosphère. |
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| Le Krill |
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Dans le groupe des Euphausiacés,
tous pélagiques, l’espèce Meganyctiphanes
norvegica a une allure de crevette, mais
pendant la nage, ces appendices thoraciques forment
une corbeille à maille variable pour la collecte de
la nourriture (phytoplancton et petit zooplancton, y
compris copépodes). Les individus sont grégaires et
forment des essaims et des bancs et migrent
ensemble sur de grandes distances.
La principale caractéristique de l’espèce est une sensibilité
extrême à la lumière. En Méditerranée, Meganyctiphanes
norvegica reste en profondeur le jour
et remonte en masse la nuit pour se nourrir dans les
couches supérieures. Comme chez d’autres espèces
bathypélagiques (vivant en profondeur), le
principal pigment de l’épiderme est rouge et des photophores
(points rouges sur la photo) produisent de la
lumière bleue en réponse à certaines excitations.
La signification des ces signaux lumineux n’est pas
connue mais est certainement liée au mode de vie grégaire
de l’espèce. |
L’espèce Meganyctiphanes
norvegica est qualifiée de « krill
» nordique, car elle est la principale
nourriture des baleines à fanons dans l’hémisphère
Nord. En mer Ligure, les grands baleinoptères (Rorqual
commun) se nourrissent exclusivement des larges agrégations
de « krill », lorsqu’ils se rassemblent en été
dans la zone centrale comprise entre Côte d’Azur et Corse.
Cette présence de Rorquals y est connue depuis la plus
haute Antiquité, mais de nos jours, leur garde-manger
se trouve sur le trajet des « ferries » à grande vitesse
pour la Corse !
Le couple Rorqual commun / krill joue donc un
rôle clé dans le fonctionnement de l’écosystème pélagique
en Méditerranée. Une rupture d’équilibre au niveau
de ce maillon provoquerait un désastre « en cascade
» pour tout l’écosytème. |
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| Références
bibliographiques : |
|
H. Milne-Edwards, 1837-1841.
Hisloire naturelle de crustaces (3 volumes).
Alonzo, F., P. Mayzaud, S. Razouls, P. Bocher, and Y. Cherel
(2003). Seasonal changes in biomass, growth rates and production
of subantarctic calanoid copepods in the bay of Morbihan,
Kerguelen Islands. Marine Biology, 142: 525-536.
Mayzaud, P., S. Razouls, A. Errhif, V. Tirelli and J.P. Labat
(2002). Feeding, respiration and egg production rates of copepods
during austral spring in the Indian sector of the Antarctic
Ocean: role of the zooplankton community in carbon transformation.
Deep Sea Res. I, 49: 1027-1048
Albessard, E., P. Mayzaud and J. Cuzin-Roudy (2001). Variation
of lipid classes among organs of the Northern krill Meganyctiphanes
norvegica with respect to reproduction. Comp. Biochem. Physiol.,
Part A, 129: 373-390.
Labat J. Ph. & J. Cuzin-Roudy, 1996. Population dynamics
of the krill Meganyctiphanes norvegica (M. Sars, 1857) (Crustacea
: Euphausiacea) in the ligurian Sea (NW Mediterranean Sea).
Size Structure, growth and mortality modelling. J. Plank.
Res., 18: 2295-2312. |
| Liens : |
Les Copépodes
: Site de S. Gasparini. Biologie et écologie
des copépodes
http://www.obs-vlfr.fr/~gaspari/copepodes/index.html
Site sur le Krill par Judith Bennett, Elanora Heights Primary
School
http://www.schools.ash.org.au/elanorah/seakrill.htm |
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