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de sa création, au milieu du XVIe siècle, la zone de mouillage
des galères fut délimitée par un môle de grosses pierres extraites
de la falaise voisine. Ce môle, dans sa longueur actuelle,
date de la période 1725-1728, comme l’attestent les clefs
de voûtes des niches qui servaient soit de magasins, soit
de cuisines à terre pour la chiourme. A son extrémité, côté
mer, fut érigée une mosquée ou moschea
de’Turchi (détruite par une tempête en 1773),
témoignage de la présence de nombreux esclaves musulmans au
service des galères. Le renfort extérieur du môle, que l’on
peut parcourir à deux niveaux différents, fut par la suite
dessiné et projeté par Filippo Nicolis di Robilant.

Filippo Nicolis Di Robilant. Travaux
de consolidation de l'extérieur du môle, BRT.

B. Durafour. Môle et "bassin de construction"
de la darse, Rome, ISCAG (Instituto Storico di Cultura dell'
Arma del Genio, Roma). |
D'après
les dessins de M.J. Guiaud.
Débarquement de S.M. l'Impératrice de
Russie, 1859, collection privée. |
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Lebreton.
Transfert de la dépouille du grand-duc Nicolas
à bord de la frégate Alexandre Newski,
1859, collection privée. |
Une chronique de 1730 révèle qu'à la fin de cette année étaient
terminés le môle et le bassin couvert pour la construction
des galères ou « forme des galères »
dont les coques étaient jusque là achetées à d'autres chantiers,
ainsi que la lanterne d’entrée de la rade. La première galère
construite à Villefranche fut la "Santa Barbara",
lancée en 1739. La façade monumentale du bassin, telle un
véritable arc de triomphe à trois arches, constituait, côté
mer, un majestueux fond scénographique pour l’ensemble du
port. Elle fut démolie en 1850 pour permettre l’entrée de
bateaux munis de roues à aubes. A l’autre extrémité, le bâtiment
de la forge complétait ce petit arsenal, protégé de la
mer par une batterie et un chemin de ronde.
La corderie, initialement à un seul niveau et recouverte
d’une charpente de bois et de tuiles, fut le dernier édifice
utilitaire construit au XVIIIe siècle (1771). Cette longue
fabrique délimitait un large espace devant le port, d'abord
d'accès libre puis fermé par un mur et une porte monumentale,
du côté de la citadelle. L'emplacement devint un espace de
représentation pour de grandes manifestations publiques, principalement
dans la seconde moitié du XIXe siècle. |