accueil darse.org
  dossiers
archéologie navale
 
science de la navigation  
Cosmolabe, XVI° s
Cosmolabe, XVI° siècle

Le transfert du savoir et, en particulier des connaissances scientifiques -liées à la navigation en tant que véhicule de transmission- a suivi du Moyen Age à la Renaissance différents chemins. Outre la présence arabe en Espagne, l'une des voies les plus importantes en Méditerranée a été celle qui passait par les villes maritimes italiennes : Amalfi, Pise, Gênes, Venise, Villefranche.

Carte marine, V. Maggiolo, XVI° s
Carte marine, V. Maggiolo, XVI° siècle

Ces rencontres nées avec les pélerinages en terre sainte, transformées en conflit par les croisades ont permis aux connaissances arabes de pénétrer en Italie puis en Europe.
Ce sont, donc, les secrets volés ou reçus des navigateurs musulmans qui furent transférés à travers le commerce en Europe, et qui constituèrent les bases de la Renaissance italienne et de la Révolution scientifique européenne - commencée à Rome avec Copernic et suivie à Florence par Galilée -.

Bussole, sablier, portulan et carte marine, XVI° s
Boussole, sablier, portulan et carte marine, XVI° siècle

Depuis le IX° siècle et jusqu'au XV° siècle, la civilisation arabe est en effet la gardienne du savoir scientifique, technologique et médical, en provenance des grandes civilisations orientales : Perse, Egypte, Grèce, Chine, Byzance.
Les Occidentaux, à la fin du Moyen Age, prennent les musulmans comme professeurs, comme maîtres. Les livres du monde musulman en arabe, souvent d'ailleurs retranscrits du grec, sont traduits en latin pour servir de " manuels de civilisation " pour l'astronomie et les sciences.

Carte marine, D. Homen, XVI° s
Carte marine, D. Homen, XVI° siècle
Le Port de Gênes vu par les Turcs, XVI° s   En matière de navigation, des instruments et des techniques nouveaux apparaissent au XIII° siècle en Occident : la boussole, comme le papier -, connue en Chine, a été transmise aux Amalfitains par les Arabes.
Le Port de Gênes vu par les Turcs, XVI° s - Détail.

Amalfi est la première République maritime italienne qui profita des avantages commerciaux des croisades. Ses galères sont les premières à utiliser les propriétés des aimants pour se diriger en mer, et suivaient les chemins de la Terre. En 1302, l'Amalfitain Flavio Gioia fabrique la première boussole connue en Europe, elle marque le Nord par une fleur de lys en honneur de Charles II d'Anjou, qui était alors roi de Naples et de Provence, et fondateur de Villefranche.

Port de Gênes vu par les Turcs, XVIe s.   Le Port de Gênes vu par les Turcs, XVI° siècle

La carte marine, attribuée aux Arabes ou aux Byzantins, a été affinée par les Génois. Son emploi est en effet mentionné pour la première fois sur les navires génois qui transportaient Saint Louis en 1270 pendant la huitième croisade.

L'introduction de la boussole est bientôt complétée par une rose des vents qui figure les directions cardinales de la tradition grecque. L'aiguille aimantée soutenue dans un récipient par un roseau, d'où son nom de " calamite ", se retrouve bientôt posée en équilibre sur un pivot dans une boîte -en italien " bussola "- et complétée par une rose des vents.

Cette référence permanente au nord magnétique fonde une façon nouvelle de parcourir l'espace inconnu de l'océan et donne naissance à la carte marine. Tenant compte du nouvel apport de la boussole, la carte marine abandonne l'orientation du haut de la carte à l'est -la levée du soleil- pour lui préférer le nord. Il s'agit du nord magnétique et non du nord géographique et, sur la rose où s'inscrivent les différents vents, il est généralement figuré par une fleur de lys.

Les instruments de navigation connues   Les instruments de navigation connues
en Europe au XVI° siècle

La carte marine offre dans un système cohérent la représentation de tracés côtiers qui visent moins la précision que l'accentuation des particularités que le navigateur ne doit pas ignorer pour se repérer. En haute mer, les cartes résolvent, par des procédés graphiques élémentaires, les problèmes de route du navigateur : faire le point et estimer le cap à suivre.
   Accueil | Site map | Contact | Aide | Liens | Pôle multimédia