| La croûte
océanique de l'océan mort se trouve alors charriée
en altitude. C'est le cas des Alpes et du bloc corso-sarde
qui s'est détaché du continent et qui dérive.
Il existe en Corse les célèbres "Verde"
de la région d'Orezza qui sont souvent des schistes
serpentinisés et qui se forment au coeur des chaînes.
La plus ancienne description date de 1610. Je la retranscris
ici. Elle provient du livre de Jean Arrighi et de Françoise
Giorgetti intitulé "Les Roches ornementales de
Corse". "On a trouvé dans l'île de
Corse, possession de la Sérénissime République,
de très belles pierres et en grande quantité
qui ressemble à de l'émeraude mouchetée
(tachetée)... d'une dureté égale à
celle des jaspes si bien qu'on ne peut les travailler et façonner
qu'à grands frais. Le Sérénissime Grand
Duc de Toscane le sait bien, lui qui, il y a quelques années,
avec l'autorisation du Sérénissime Sénat,
en fit extraire et transporter à Florence de très
grands morceaux et là les fit façonner pour
sa très fameuse Chapelle de Ferdinand..."
Le voyage se faisait de la côte orientale de la Corse,
du lieu-dit Fiorentina, sur un brigantin en direction de Livourne...
Il faudrait d'autres indices extérieurs à la
roche pour préciser son origine et sa destinée
: proximité d'une épave, époque, lieu
d'embarquement, destination, route maritime... En tout état
de cause il pourrait s'agir d'un échantillon de démonstration
d'un commerçant à destination d'un acheteur
éventuel.
Voici en quelques lignes les conclusions concernant cette
découverte insolite effectuée au point central
de nos fouilles, par 6 mètres de profondeur, posée
sur le fond, est partiellement recouverte de concrétions
calcaires.
Il faut noter que la date citée par le géologue,
Jean-Luc Bruyas correspond parfaitement à celle globale
du gisement de la Batterie des Deux-Rubes, à Villefranche-sur-Mer.
Les périodes du XVIe et XVIIe siècles sont la
fourchette centrale dans l'histoire de ce gisement sous-marin.
Par la photographie, voici cette pierre énigmatique
qui bien entendu a perdu une partie de son mystère.
Reste cependant à découvrir la raison pour laquelle
elle fut abandonnée au fond de l'eau...
Une découverte insolite qui ne restera pas sans lendemain
car je poursuis actuellement des recherches du côté
de la Corse afin de découvrir un éventuel acheminement
de cette matière première arrachée aux
montagnes corses direction Livourne. Elle empruntait alors
la route maritime de l'ouest, direction Marseille.
L l'auteur de cet ouvrage "Les Roches ornementales de
Corse", M. Jean Arrighi, s'est proposé de venir
anlyser à son tour cette pierre verte afin d'apporter
ses conclusions personnelles.
Toutefois, après cette prise insolite et lors de
futures recherches, nous mettrons un point d'honneur à
découvrir de nouvelles pierres polies à l'endroit
exact de la mise à jour de celle-ci. Elle fut découverte
sur la partie centrale de nos fouilles sous-marines, sur un
lieu où de très belles pièces archéologiques
ont été également mises à jour.
A noter que les matériaux de construction sont présents
en grande quantité sur ce gisement sous-marin. Tuiles
en ardoise verte et grise finement taillées, briques
rouges et jaunes dont des vestiges similaires subsistent dans
la construction même de la citadelle de Villefranche-sur-Mer.
A ce jour, aucune surface de la citadelle n'a utilisé
cette matière première, sans doute fort coûteuse
et non appropriée à un site exclusivement militaire
et susceptible de recevoir un tel ornement de grand luxe.
Cette découverte nous révèle, sans
doute, un commerce existant dans cette partie de la Méditerranée
ou tout du moins qui tentait de l'être. Nous serons
donc dorénavant vigilants à ce type de rencontre.
Une pierre de petite taille, recouverte de concrétions
et dont seule la partie parfaitement polie nous a amenés
à remonter cet objet à la surface sans se douter
bien évidemment qu'elle provenait de l'Ile de Beauté.
(En principe).
Maintenant à nous de découvrir d'éventuels
ornements ou de pavements dans les lieux saints ou autres
de notre région. Joints également à cette
étude, outre les photographies de cette découverte,
les photocopies complètes du livre "Les Roches
ornementales de Corse", aux éditions "Le
Temps retrouvé". |