| Cette pipe en pierre
était manifestement en cours de fabrication. Au moment
où le marin entama le percement de la pipe dans sa
longueur afin de rejoindre le foyer principal de combustion
des feuilles de tabac, la pierre se brisa et condamna l'objet
de fabrication sommaire. Cette pierre ne laisse aucune possibilité
de la retravailler. Une fois brisée, cette pipe en
pierre ne représentait plus aucun intérêt
et son créateur la jeta par dessus bord. A notre plus
grande joie, des siècles plus tard, elle fut mise à
jour sur ce mouillage.
Cette analyse de l'objet est tout à fait fiable.
En voici la preuve par la photographie. On peut y apercevoir,
l'éclatement de la pierre au moment du percement de
la tige d'alimentation. Les pipes en pierre sont rarissimes.
Aux Etats-Unis, seuls les indiens taillaient de tels objets,
mais dans des pierres tendres et colorées. Elles représentaient
bien souvent la description des animaux vivants dans ces lointaines
contrées : castors, renards, loups, aigles, oiseaux
divers, etc. (Musée des traditions indiennes, à
New-York).
C'est là, d'ailleurs, l'unique exemplaire découvert
lors de fouilles sous-marines en rade de Villefranche-sur-Mer.
Un témoignage intéressant pour nos études,
mais la matière première utilisée n'est
toujours pas authentifiée. D'après Maurice Raphaël,
auteur de "La Pipe en terre, son périple à
travers la France": Elle reste une pièce exceptionnelle
et ne manquera pas d'être appréciée à
sa juste valeur lors d'expositions d'archéologie sous-marine.
Ce petit objet en pierre blanche taillée fait partie
des multiples découvertes insolites mises à
jour sur les Deux-Rubes. Mais il faut un oeil exercé
afin de le découvrir sur un fond jonché de sédiments
divers.
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