Ce bassin de radoub, construit en 1729 a été modifié par la Marine Nationale en 1886.
L’emplacement géographique de la cale sèche actuelle figure dans des caractéristiques de longueur et de largeur assez proches de l’outillage existant dans de nombreux documents anciens.
La question s’est posée de connaître l’utilisation de cette petite darse avant la construction du bassin. Différentes affectations lui ont été données : une cale sèche pour les galères ! un bassin de dessevage pour le bois de construction navale ou d’autres affectations sans pour autant que ces assertions soient confirmées par la production d’un document indiscutable qui pourrait prouver une affectation précise. Il convient d’entendre par document indisctutable, la preuve de l’existence géographique d’une installation et non pas des des documents qui esquissent des projets qui ne furent pas réalisés. De trop nombreux projets ne voient jamais le jour !
L’imagination a pris souvent la place de la raison en affectant cet emplacement à un bassin de radoub pour la "construction des galères et des frégates", affirmations en contradiction avec les usages de l’époque qui construisait les bateaux sur des cales de lancement et non pas dans des engins de mise à sec , au demeurant fort rares à cette époque.
L’origine de cette darse pourrait être un bassin de carénage qui recevait à flot les embarcations et annexes des bâtiments qui séjournaient en rade de Villefranche, tant des bâtiements militaires que des bâtiments marchands.
Sur ces unités, les embarcations annexes, ensemble que l’on nomme la drôme, étaient embarquées sur les ponts des navires et étaient construites traditionnellement en bois. elles devaient être constamment humides pour pouvoir être utilisées dans leur travail de servitude tant en cas d’évènements de mer que pour des liaisons avec la côte.
Cette obligation de tenir les embarcations humides se réalisait en les arrosant régulièrement et en tenant les petits fonds avec quelques centimètres d’eau afin de ne pas trop les charger. Dès qu’un navire était en rade pour quelque temps , ses embarcations étaient mises à la mer afin de récupérer l’humidité indispensable sur l’ensemble de leur coque. En ce qui concerne Villefranche, on peut penser que ces annexes étaient amarrées dans le bassin de carénage qui figure sur les documents d’époque.
Il est possible que , vers le milieu du 18° siècle , ce bassin de carénage ait reçu une couverture dans le but de protéger les embarcations du soleil et leur permettre de garder une humidité satisfaisante. Un bassin de carénage similaire par ses dimensions existe dans l’île d’Antigua, aux Antilles. Cet ensemble d’installation portuaire conservé constituait la base navale de l’amiral Nelson à la fin du 18° siècle. Ce bassin de carénage que l’on peut voir restauré est couvert et complété par un "gril de carénage" pour la mise à sec des embarcations en vue de réparations et de travaux d’entretien.
A partir de 1875/1880 la Marine Nationale Française avait mis au point une stratégie de défense des côtes basée sur l’utilisation des petits bâtiments rapides qui ppouvaient évoluer dans les eaux côtières et déjouer les "desseins de l’ennemi". Cette tactique était préconisée dans les eaux difficiles de navigation c’est à dire principalement la Bretagne. Il est isu de ces théories la conceptioin de flotilles de torpilleurs dit de "défense mobile", unités de 35 à 50 mètres de longueur maximum ; très fins de ligne et avec un faible tirant d’eau, mais très rapides pour l’éppoque(entre 25 et 30 noeuds).
La Marine Nationale a donc créé de toutes pièces à Villefranche un petit arsenal avec un bassin de radoub adapté à ces unités assez spéciales en ajoutant des constructions aux bâtiments déjà existants à l’origine, à l’ouest de la forme pour y abriter les ateliers et la sation de pompage et en cloturant un parc de charbon à l’est, contre la jetée.
Le port a été égalment équipé sur la grande jetée d’installations d’amarrage pour recevoir ces petits torpilleurs et a doté le quai de l’équipement nécessaire à leur manoeuvre. Des cartes postales de l’époque l’attestent.
La cale sèche de Villefranche a fonctionné pour le compte de la Marine Nationale jusqu’en 1919, date où elle a été désaffectée puis remise en service en 1928 à l’initiative de Gabriel Voisin